Danse au Fil d'Avril 2017

«  La terre est faite

pour le pied des danseurs

que les autres s’enfoncent

avec la pesanteur

des pierres

dans le puits de la ténèbre

la terre

s’est construite pour vivre

avec l’homme léger des souffles

qu’il retienne la leçon où la lumière garde

de l’ombre pour s’élever et

lever la poussière ».

 

Peut-on imaginer plus bel hommage à la danse que ce poème de Werner Lambersy ? Le festival Danse au fil d’Avril avec de nombreux partenaires est de nature assurément  à confronter l’impérieuse nécessité d’oser savoir, d’oser voir,  d’oser créer. Il invite à un voyage à l’intérieur de nous-mêmes. Dans un labyrinthe peuplé d’incertitudes et d’espoirs, sur des voies complexes comme le sont les hommes. A l’image des lézards qui parcourent de brefs trajets avec obstination. « Il faut de tout pour faire un monde, nous dit Paul Eluard, il faut le bonheur ». Au moment où les amandiers sèment leurs fleurs au vent, il convient de s’intéresser, aussi, à ce qu’endurent leurs racines dans la froidure car  la culture générale en prend pour son grade. Pour 2015-2016, les budgets culturels régionaux se rétractent en moyenne à hauteur de 4% en fonctionnement. Les départements ont tendance à se replier sur leurs compétences historiques et obligatoires. Les associations sont très largement concernées par les baisses enregistrées : en effet, plus de 60% des conseils départementaux réduisent leur contribution en leur faveur. Il n’est point surprenant que le cercle des connaisseurs soit loin de s’élargir alors qu’un ministère de la culture devrait embrasser la question des inégalités sociales et fusionner avec les ministères de l’Education nationale, de la jeunesse  et des Sports, de la Recherche en un grand ministère de l’avenir, pour reprendre la proposition récente de Hortense Archambault, directrice de la MC93 de Bobigny lors des Etats généreux de la culture à l’initiative de Télérama.  En ce sens, la Fédération des Œuvres Laïques de l’Ardèche nourrit depuis toujours une ambition pour tous. Pour elle, rien n’est trop beau ;  Il est temps d’élever la barre pour tous afin de vivre avec Arthur Rimbaud cet envol : « …Et d’ineffables vents m’ont ailé par instants ».  

 

 

Pour la Fédération des œuvres laïques de l’Ardèche, Gilbert Auzias

Valence-Jeudi 9 Mars 2017